On accompagne, mais on n'aide surtout pas ! [École à la maison]

L'enfant n'a pas besoin d'être aidé, il a besoin d'être accompagné...

Qui n'a jamais aidé son enfant durant l'instruction, que ce soit au tout début ou bien des années après ? 

Tout le monde a déjà apporté son aide lors des apprentissages, en pensant bien faire, et pourtant…
Ceci est contre productif et non bénéfique pour l'enfant. 

Alors quel est notre rôle en tant qu'adulte auprès de notre enfant ? Nous ne sommes pas exempts d'erreurs, nous ne sommes pas des puits de science, et l'enfant doit en avoir connaissance.

Notre but n'étant pas d'élever notre enfant vers le haut dans le domaine de l'instruction, mais qu'il s'élève par lui-même, avec ses erreurs, son fonctionnement, sa façon de penser. Par notre positionnement, nous permettons justement tout cela. Mais comment faire ?

Accompagner et non aider

Nos bonnes intentions ne sont pas toujours les meilleures, et nous n'avons pas le recul nécessaire pour proposer la meilleure adaptation à notre enfant. Et ceci dès tout petit : qui n'a pas aidé son enfant à se relever alors qu'il venait à peine de trébucher ? En prenant cet exemple, juste en intervenant, nous n'aidons pas notre enfant à grandir ni à trouver des solutions par lui-même. Nous le privons de pouvoir mobiliser ses efforts, de trouver son équilibre, de se hisser, se relever… Imaginez la sensation d'un enfant qui se voit relevé par son parent, et celle d'un enfant qui fournit tous ces efforts !

Pour l'instruction, il en est de même. L'enfant doit pouvoir savoir compter sur ses propres compétences et capacités, quite à ce que le chemin soit difficile, plutôt que de se reposer systématiquement sur autrui. Cela ne l'aidera ni aujourd'hui, ni demain. Il n'existe pas qu'une solution pour arriver à tel résultat, et l'enfant, pourvu de nombreuses richesses, peut trouver des solutions bien plus bénéfiques. 

"Toute aide inutile est une entrave au développement". Maria Montessori

Dans cette société actuelle, le parent intervient bien souvent sans raison.

La tartine tombe au sol ? C'est pas grave je ramasse.

Une erreur de calcul ? On donne le résultat directement.

Un crayon mal taillé ? Vite je taille histoire de gagner du temps.

En intervenant trop souvent et trop tôt, on anticipe les besoins de l'enfant et on l'empêche de trouver en lui-même la ressource pour résoudre ses difficultés. Ainsi, cela impacte fortement son autonomie. 

Les difficultés et les erreurs font partie de la vie, et c'est face à elles que l'on apprend à les dépasser. Ainsi, si l'enfant n'est pas exposé à ces situations, il ne saura jamais comment y faire face, et cela sera très problématique dans sa vie d'adulte. 

Alors comment faire ?

Simplement se mettre en retrait. Nous avons le rôle de guide, d'accompagnateur. Nous ne jugeons pas telle réalisation ou telle erreur, mais nous restons attentives à ce que l'enfant produit. Il faut trouver un juste milieu : ne pas critiquer, et ne pas féliciter. Car en procédant ainsi, il sera toujours en attente de notre avis. Il ne fera pas les choses pour lui-même, mais il les fera pour autrui. Et pour correspondre à ce que l'on attend de lui. 

Conseils

- Selon l'âge, nous expliquons ou non la consigne de l'exercice demandé. S'il est petit, on lui expliquera. S'il est en âge de lecture, il lira la consigne seul. Nous nous assurerons simplement que la consigne est comprise. 

- Nous nous mettons en retrait pour laisser l'enfant travailler. S'il est petit, nous observerons à distance son travail. S'il est grand, par la juste distance, nous le laisserons travailler seul et nous pourrons, en parallèle, assurer nos tâches dans la maison (linge, repas...).

- Pas de cours magistral. Le cours doit être adapté à chaque enfant, selon ses points forts et ses difficultés. Ce qui peut fonctionner pour un enfant peut ne pas fonctionner pour son frère ou sa sœur. On respecte le rythme de chacun. 

- On intervient très peu, afin de ne pas freiner les apprentissages, mais nous restons disponibles. Nous sommes prêtes à répondre aux demande, mais on ne les anticipe pas en proposant avant que l'enfant nous demande. 

- On ne donne pas la bonne réponse, on ne barre pas, on ne signale pas. L'enfant doit trouver par lui-même comment résoudre son problème.

- Pas de notes. L'enfant peut évaluer lui-même son travail, sans notes ni système de couleurs. 

- Si les cours ne sont pas auto correctifs, nous pouvons interroger l'enfant sur ce qu'il vient de réaliser, en reprenant par exemple un problème. En raisonnant à voix haute, l'enfant sentira qu'il y a une erreur quelque part. Même si cela peut prendre du temps, il réussira à trouver son erreur, et s'auto corrigera. L'erreur est bénéfique et l'enfant pourra acquérir la connaissance car il aura trouvé lui-même la solution à cette erreur. 

- Nous sommes l'intermédiaire entre notre enfant et son environnement. Ce dernier joue beaucoup sur les apprentissages : lumière naturelle, espace dégagé et épuré, pas d'écran… L'environnement est capital.

Il peut paraître difficile de délaisser certaines habitudes pour en remplacer par d'autres totalement opposées, mais le chemin peut se faire progressivement, en se remémorant régulièrement que l'aide n'est nullement bénéfique pour l'enfant, et que ce qui est attendu n'est pas le résultat mais la façon dont l'enfant y arrive.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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H
merci beaucoup oukhty c est très instruictif.
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A
Avec plaisir Hadidja !
A
Et en ce qui concerne le fait de féliciter, n'est ce pas une manière de valoriser l'enfant, comment faire sil réussit, on ne dit rien ?
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A
Féliciter oui c'est valoriser l'enfant mais c'est surtout émettre son propre avis personnel. Qui n'est pas forcément objectif. Ce qui être joli pour nous peut être laid pour un tiers et inversement.
Plutôt que féliciter, nous pouvons encourager. L'enfant a beaucoup plus besoin d'encouragements que de félicitations.
Nous pouvons également l'inviter à donner son propre avis sur ce qu'il a fait, simplement en décrivant sa tâche "je vois que..." "tu as utilisé..." etc...
O
Assalamou alayki wa rahmatoullahi wa barakatouh ma oukhti j'espère inchaa Allah que tu vas bien ainsi que ta famille ?

Allahoummabarak très très bénéfique, soubhanallah cest exactement comme sa qu'on fait. On pense aidé mais on ne le laisse pas se débrouiller
Qu'Allah nous facilite l'éducation de nos enfants
Barakallahoufik oukhti pour tout ces conseils
Qu'Allah vous préserve de tout mal
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A
Wa‘alaykum as salãm wa rahmatu Llãhi wa barakãtuh ma soeur Umm Asma
Al hamdu li Llâh nous allons bien baraka Llâhu fiki
Amîn Ya Rabb
je te remercie de ton précieux retour, c'est très encourageant, continuez ainsi ))
S
super cette article j'ai beaucoup appris il reste plus qu'a le mettre en application ????????????????
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A
Merci beaucoup
Oui progressivement... Nous avons toutes à cheminer
))