Je n'ai plus le temps...

 

A ces enfants, qui subissent, et bien plus pendant le confinement...

 

C’est le matin comme le soir, dans le noir en plein désespoir. Le même schéma se répète depuis des années, au final ce n’est pas si grave je suis habitué. La main levée contre des bras qui me protègent, encore une fois je suis pris au piège.


Seul face à toi je ne fais pas le poids, je n’ai rien fait, s’il te plaît ne crie pas.


Les yeux pleins de larmes je ne sais où aller. Pas un mot, chut…
Aidez-moi à partir s’il vous plaît !


On m’a dit c’est ainsi ne te plaint pas, tu as tout ce que tu veux tu as le choix.


Mais quel choix ? Le choix de ce quotidien ? Le choix de subir cela parmi les miens ?
Après tout, apparemment, ce n'est rien.


Personnellement ce n’est pas ce que j’attendais, c’est plutôt tout ce que je craignais. Si j’avais pu goûter à ta douceur sucrée c’est certain je ne me serai pas effondré, mais j’avancerai fier la tête levée. Cris, pleurs, coups, douleurs, tout est banalisé. C’est normal, à toute heure il faut endurer.


Je vis dans la crainte, je vis dans la peur et l’oubli, je n’ai pourtant rien fait, c’est promis.
J’essaie de faire des efforts, mais l’on me convainc que j’ai tort.


Je ne suis qu’à mes premières années de vie et pourtant je ne veux plus grandir. Je suis
persuadé que plus tard m’attend le pire…

On t’appelle parentalité, dans mon foyer tu t’es invitée mais tu n’es pas celle que j’espérai.
Par pitié, reviens moi telle que tu le devrais, pour mes amis et tous ceux affectés. La parentalité est un sujet vaste trop peu connu, même moi je pensais qu’elle était ainsi, vraiment j’y ai cru. Mais en me renseignant elle est très loin de ce fracas. Le bleu, le vert, le jaune, ne donnent pas cela. Ce mélange de couleurs doit laisser place au bonheur, ces mains chaudes ne doivent plus glacer mon petit coeur.

Amour, partage, bienveillance et respect, c’est tout ce que j’attendais. Vilaine parentalité va t’en et laisse celle te remplaçant.


Pour moi, mes amis et tous ces enfants. Être parent, ça s’apprend.


Devant la porte, gisant, je t’attends. S’il te plaît, ne tarde pas, je n’ai plus le temps…

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